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SOLM VERSUS WOW





Fonderie des Rochenoire :
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 La colère d'Ezekiel

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Ezekiel
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MessageSujet: La colère d'Ezekiel   Jeu 8 Déc - 18:57

Un battement de porte brutal vient tirer le jeune elfe de son sommeil. Réveillé en sursaut, il s’assoit dans son lit, se frotte les yeux et tente de reprendre ses esprits. Quelle heure est-il ?

Il s’approche de la fenêtre et constate que la lune est encore haute dans le ciel, trop tôt pour que sa mère se lève…

Des pas dans l’escalier, Ezekiel reconnaît la démarche titubante de son père. Quelques heures plus tôt, il était sorti pour partager comme à son habitude les tonneaux de vins de la taverne voisine en compagnie de soûlards de son espèce. Apeuré, le jeune garçon court vers son lit et n’a que le temps de ramener le drap sur lui que déjà la porte de sa chambre claque contre le mur. Son père s’approche, il est ivre, encore… L’haleine alcoolisée de son géniteur l’écœure. L’homme se penche sur lui et l’observe. Il ne bronche pas, il sait, il sait que s’il l’ouvre un œil, le cauchemar recommencera, encore…Alors il attend, terré dans son lit comme une bête traquée sur qui on a lâché les chiens… Les secondes lui paraissent des heures… puis vient la délivrance, le bruit de la porte qui se referme, enfin, il est parti.

Le jeune garçon rouvre les yeux, libéré, cette fois, il y a échappé, mais pour combien de temps… Il se lève sans un bruit et s’approche du miroir. L’image de son dos le fait frissonner, les coups de ceintures le font encore souffrir, les plaies sont encore fraîches…

Les pas reviennent, le clouant sur place, il voudrait s’enfuir mais ses jambes sont paralysées. Les yeux rivés sur la porte, il attend la sentence… mais rien, a part un léger frottement sur la porte qui vient troubler le silence de la nuit. La porte ne s’ouvrira pas, elle ne s’ouvrira plus…

Un cri strident sort le jeune garçon de sa torpeur. D’autres cris viennent troubler le calme pesant de la maison. Ezekiel reconnaît les plaintes de sa mère, il les a souvent entendues, battue pour avoir pris sa défense.
La voix de son père vient couvrir les pleurs de la jeune femme, il appelle à l’aide. Bientôt des bruits pas, suivis de rires sordides. Ces voix, il ne les connaît pas… Paralysé par la peur, il se laisse tomber à genoux au sol, se prenant la tête entre les mains, semblant vouloir faire taire à jamais ce vacarme.

***

Derrière la porte de sa chambre, les trois hommes maintiennent fermement les mains de la jeune femme. Bientôt, ses poignets deviennent bleus. Son mari lui hurle de se calmer mais c’est impossible. Maintenue allongée sur sont lit, elle pleure, crie de douleur. Il lui assène un violent coup de poing dans le ventre, le souffle coupé, les cris s’étouffent d’eux même. Elle voudrait se recroqueviller mais ses agresseurs l’en empêchent. L’attrapant par les bras, son mari l’oblige à s’asseoir et la jette sur son épaule comme un vulgaire sac de grain. Elle ne peut plus bouger, paralysée par l’angoisse et la douleur.

Il descend les escaliers, la tête de la jeune femme heurte le mur à plusieurs reprises. Derrière eux, les deux autres les suivent de très près, jetant leur regard lubrique sur le corps inanimé. Arrivé dans la cuisine, il lâche sans ménagement le corps meurtri de sa femme sur la table. Les rires gras de ses deux acolytes fusent à chaque réflexion, plus graveleuse l’une que l’autre.

La tête se balance sur le bord de la table, poupée de chiffon à peine vivant. En quelques minutes, elle est attachée en croix sur la table, les liens sont si serrés que ses poignets et chevilles saignent sous les agressions de la corde. Le regard triomphateur d’un des deux ivrognes se pose avec envie sur son corps.

« Chienne, ton mari nous à dit que tout ce qui était à lui était à nous, crois-moi ce soir, tu auras deux nouveaux amants. »

Il ajoute en remontant sa main de long de sa cuisse.

« Tu n’oublieras jamais cette nuit, jamais… »

Dans un geste brutal, il arrache ce qui restait de la chemise de nuit, dévoilant le corps nu. Elle ne bouge plus, absente de cette scène si surréaliste, détachée. Ce n’est pas elle qu’ils meurtrissent, ce n’est que son corps, son âme semble déjà loin.

L’autre se rapproche de son visage, une bouteille à la main.

« Tu vas bien trinquer avec nous… »

Sans attendre, il l’attrape par les cheveux et lui enfourne le goulot dans la bouche. Le corps de la jeune femme semble pris de spasmes, elle suffoque, ses membres se raidissent, son corps s’arque boute. Le liquide coule le long de ses lèvres, rejeté par cette bouche violée qui ne parvient plus à avaler.

***

A l’étage, le jeune garçon sort de sa torpeur, comme possédé par une force qu’il ne contrôle plus. Tel un pantin, il se jette sur la porte et la secoue de toutes ses forces, frappe violemment, se jette dessus. Le vacarme est assourdissant mais l’alcool et l’attrait de ce corps offert malgré lui plongent les trois hommes dans une cécité complète.

La chaise qui bloque la porte finit par basculer sous ses assauts répétés et la porte s’ouvre enfin. Le jeune elfe dévale les escaliers et entre dans la cuisine. Trop tard…

La scène qui se dévoile à lui est d’une violence effroyable. Face à lui, les trois hommes le regard en riant, heureux de leur barbarie. Dans un ultime spasme, les muscles de sa mère se bandent à l’extrême, une dernière fois. Sans vie, le corps inerte retombe sur la table dans un bruit sourd.

Le jeune garçon se met à trembler, conscient de l’horreur, sa mère n’est plus…

Ses yeux ne sont plus peur mais colère. Sa bouche se crispe de douleur, il voudrait hurler mais les sons ne sortent pas. Pris de démence, il se rue sur l’homme le plus proche, lui arrachant son poignard. Fluet et agile, il esquive les mains maladroites du deuxième et se jette sur son père. L’attaque est si brutale que l’ivrogne n’a pas le temps d’esquisser le moindre mouvement.

Ezekiel s’arrête devant lui, le regard criant de douleur. L’homme essaie de s’avancer vers lui mais ses forces le quittent, il titube et tombe à genoux, mains sur la gorge. Déjà, le sang perle entre ses doigts. Tel un porc que l’on vient d'égorger, il s’effondre sur le sol, baignant dans son sang.

L’elfe contemple son œuvre quelques instants puis se retourne vers le fond de la pièce. Personne, pris de panique, craignant de subir le même sort, ils se sont enfuis, laissant le froid nocturne pénétrer la pièce.

Il lâche le poignard et s’approche du corps inanimé de sa mère. Posant sa main sur le visage ensanglanté, il ferme à jamais les paupières rosies.

« Il ne te fera plus jamais souffrir maman, plus jamais… »
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Ezekiel
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MessageSujet: Re: La colère d'Ezekiel   Jeu 8 Déc - 18:58

Les rayons du soleil pénètrent lentement par la porte restée ouverte sur la rue. Depuis des heures, Ezekiel n’a pas bougé, le regard fixé sur le corps de sa mère. Ses traits se sont détendus, et c’est le visage presque apaisé que le jeune garçon sort de la maison. Il avance de quelques pas et s’assoit sur les marches de l’entrée.

La vie reprend ses droits dans la rue. Les uns après les autres, les volets s’ouvrent, les marchands arrivent avec leurs étalages. Un brouhaha prend possession des lieux ou la joie de vivre des habitants contraste avec la douleur de l’elfe.

Un cri strident retentit brutalement, une femme vient de voir l’état d’Ezekiel. Le pantalon maculé de sang, les larmes perlant sur son front. Très vite la foule se masse devant la maison, curiosité malsaine...

**************

Je sors de l'auberge, pour ma première nuit en ville. J'en viens à regretter le calme de ma forteresse, tant la nuit dans les villes est bruyante. Les gens rient, hurlent, crient, sans égard pour leurs voisins. Cela fait une journée que je découvre le monde librement et ce que je vois ne me plait guère.

Je pousse la porte derrière moi, pour ne plus voir le sourire carnassier de l'aubergiste sur mes formes naissantes. Un groupe s'est amassé devant la porte d'en face, bruyant comme toujours dans le monde des hommes. Je m'approche légèrement, et découvre la scène qui les fait tant parler. Un garçon d'à peu près mon âge pleure, couvert de sang.

Des hommes sortent de la maison devant laquelle il se tient, fous de rage. Ils saisissent le garçon durement, le traite d'assassin. Sont-ils donc vraiment fous? Un homme qui tue ne reste pas sur les lieux de son crime. La foule s'agite, me bouscule. Je joue des coudes, fixant l'elfe maltraité par les hommes. Ne voient-ils donc pas son âme, dénuée de cruauté? Je voudrais m'avancer, leur dire leur erreur, mais déjà, il l'emporte et la foule se presse, écran à mon intervention. Le jeune elfe lève la tête, ses yeux croisent les miens. Je me sens tellement impuissante devant ce regard emplit de tristesse. J’aimerai lui venir en aide, lui crier de ne pas se laisser faire, mais il se laisse emmener. Simplement, je lui souris, comprenant presque son geste.

Encore une personne montrée du doigt par les gens, encore une victime de l'insensibilité des hommes. Décidément, ce monde ne me plait guère...



**************


Un coup de pied dans le dos me fait basculer en avant. Des bras me serrent, les injures fusent, peu importe. Je suis déjà mort, mon cœur s'est arrêté cette nuit. Je sens un étrange regard se poser sur moi, je relève les yeux. Alors qu'on me frappe de toute part, elle me sourit.

Douce chaleur qui vient me réchauffer, son visage juvénile, si doux me fait presque oublier les autres. Je n'arrive pas à détacher mon regard, si elle savait...

On me jette à l'arrière d'une charrette. Les coups continuent de s'abattrent, je saigne mais ne souffre plus. Ses yeux me plongent dans un calme serein, il n'y a plus personne, juste elle et moi. Un violent coup sur la tête finit par avoir raison de moi, je m'effondre, inconscient.

Ce visage, je le garderai à jamais, j'aurais voulu lui expliquer...





[HRP] Le texte écrit en bleu est de Savage, merci à toi miss [/HRP]
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Ezekiel
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MessageSujet: Re: La colère d'Ezekiel   Jeu 8 Déc - 18:59

Réveillé par les ballottements de la charrette, j’ouvre péniblement les yeux. Ma tête me fait mal, j’essaie de bouger mais impossible. On m’a lié les poings et les pieds. J’essaie de me souvenir, les idées s’embrouillent mais la triste réalité reprend vite le dessus. Je laisse échapper une larme, Maman…

Un homme s’approche de moi, le sourire narquois qu’il arbore ne laisse rien présager de bon. Il m’attrape par les cheveux et m’oblige à relever la tête.

« Regardez-moi cette fillette, le voilà qui pleure… »

Les autres éclatent de rire, je voudrais mourir, les faire mourir et mourir ensuite, retrouver ma mère…

Le chemin est long jusqu’à la forteresse. Encore quelques brimades et ils me laissent en paix, enfin… J’essaie de ne plus penser mais c’est impossible. Quelques minutes et nous arrivons.

La lourde porte barrée de métal s’ouvre dans un grincement sinistre. Tout est noir, crasseux, l’endroit est à l’image de ses gardiens…

On me jette au sol.

« Bienvenue chez toi chien… »

Je relève péniblement la tête, l’homme qui vient de me parler me paraît immense. Il me sourit mais ne me rassure pas. Peu importe, je suis déjà mort de toute façon.

On m’attrape par les bras et me traîne à l’intérieur d’un bâtiment. Je dois lutter pour que ma tête ne frappe pas le sol à chaque pas des gardiens. Tout va très vite, on me hisse dans un escalier, chaque marche est un véritable supplice. Mon corps saigne, il n’est plus que douleur.

Les gardiens me laissent tomber au sol, j’essaie de reprendre mon souffle mais l’un des deux se laisse tomber à genoux sur mon dos, m’arrachant un cri de douleur, il m’étouffe. Pendant ce temps, je sens les mains de l’autre qui s’activent sur mes liens, il me détache. Quelques secondes plus tard, il se relève, libérant mes poumons. Je n’ai que le temps de reprendre mon souffle qu’ils me font mettre debout.

Je suis face à une grille, la lumière est tellement faible que j’ai du mal à voir le fond de la cellule, ma cellule je pense. La porte s’ouvre et un gardien me pousse violemment à l’intérieur.

« Asghor, voici ton nouveau compagnon de jeu, sois gentil avec lui et n’oublies pas, interdit de l’abîmer avant ce soir… »

La porte se referme et les deux gardiens disparaissent, me laissant seul avec… J’entends comme une respiration, je cherche du regard mais mes yeux ne sont pas encore habitués. J’essaie de faire le vide, de me concentrer et fini par discerner une silhouette dans un angle de la pièce. Cette chose avance vers moi, immense, je recule et heurte le mur, pris au piège. Elle avance assez près pour que je puisse sentir son souffle sur mon visage.

Mon sang se glace, un ork…

Il approche son nez de mon visage puis descend dans mon cou, il me sent, jaugeant probablement son futur repas. Il entrouvre la bouche, visiblement satisfait…

« ASGHOR ! »

Un des gardiens est revenu, me sauvant alors de mon colocataire, pour combien de temps…

L’ork recule en poussant un cri monstrueux. Les jambes à bout de force, je m’écroule au sol et me met en boule. Je tremble, j’ai peur, la chose ne me quitte pas des yeux et retourne à l’autre bout de la pièce. Pourquoi a-t-il dit ce soir ? Cette question me hante. Blotti contre le mur, j’attends… la mort sans doute.

Je reste ainsi de longues heures, paralysé de terreur. J’essaie d’oublier cette chose mais dès que j’esquisse le moindre geste, un grognement vient me rappeler à l’ordre.

Des bruits de pas emplissent soudain le couloir qui mène à la cellule. J’entends des voix, des rires, les gardiens reviennent… L’ork se redresse soudain et s’approche de la grille en grognant, ses dents acérées apparaissent sous la lumière des torches…

« Doucement Asghor, nous t’avons amené de la viande fraîche, j’espère qu’il te plait. »

L’homme qui m’avait accueillit semble bien connaître les mœurs cruelles de cette chose. Il lui parle doucement, cherchant à l’apaiser, à faire durer le spectacle sans doute.

« Comme tu as pu le constater jeune chien, cette geôle est trop petite pour deux. Si tu survies à cette épreuve, tu te rendras vite compte que nous manquons cruellement de distraction par ici. Ton crime mérite la mort mais je suis un gentil, je te propose un marché. Tu vas affronter Asghor, si tu gagnes, tu vivras, si tu meurs, il se fera un plaisir de te dévorer tes restes… »

Le combat est perdu d’avance et il le sait, ils le savent tous. Ils me regardent en riant, heureux du sort qu’il me réserve…

« Asghor, il est à toi ! »

Me voilà dans l’arène, les spectateurs haranguent leur champion. Je n’ai pas le temps d’esquisser le moindre mouvement que mon adversaire m’attrape par les épaules, m’arrachant la peau des ses griffes. Il me soulève et me projette contre le mur d’en face. Le choc est violent et ma tête va exploser. Je voudrais me lever mais il me tire par un pied et m’emmène au centre de la pièce. De toute sa hauteur, il se laisse tomber à genoux sur mes côtes, m’arrachant un hurlement de douleur. L’air me manque, je sais, je sais que je vais mourir…

Je m’abandonne aux torpeurs du néant, résigné, mes souffrances s’arrêteront là, maintenant. Ma vision se brouille, une brume étrange prend possession de mon esprit. Est-ce donc cela que de mourir…

Je m’apprête à rejoindre ma mère quand un visage m’apparaît. Elle me sourit, consciente de mon sort. Si la mort à ce visage, alors je veux la rejoindre…

« Pour elle Ezekiel, pour ta mère, tu dois te battre, tu dois vivre. »

Je la reconnais sans la connaître. La jeune fille qui m’a sourit alors que la foule me lynchait sans procès, c’est elle…

« Bats-toi Ezekiel, bats-toi ! »

Les mots résonnent dans ma tête. Sans même savoir pourquoi ni comment, mes forces me reviennent, je veux luter, tuer cette brute sanguinaire qui s’acharne sur moi.

Je rouvre les yeux. L’ork a les bras levés en signe de victoire, ce soir il mangera à sa faim.

Pour elle, pour ma mère… Petit à petit, la rage prend possession de mon corps. Je jette mes mains vers le visage de la créature est plante mes doigts dans ses yeux, lui arrachant un hurlement de douleur. Il essaie de me frapper au visage mais sans même savoir comment, j’esquive ses coups. Mes doigts se font pinces, s’enfoncent dans les orbites… Possédé par une force inconnue, mon corps entre en transe. Je tire de toutes mes forces, la chose bascule en arrière, mains sur le visage, elle ne voit plus… Libérés, mes poumons se remplissent d’air, je respire…

Je jette les yeux ensanglantés de l’ork à travers la grille de la cellule. Les gardiens hurlent leur colère. Alors que mon adversaire s’agite sur le sol en hurlant, je m’approche de la grille, défiant le capitaine de la garde du regard.

« Le combat n’est pas terminé, seul un des combattants doit survivre. Tues-le ! »

Comme hypnotisé, je retourne vers l’ork, décidé à en finir avec cette joute cruelle. Je me jette sur lui pour le frapper, lui arrachant des cris de douleurs mais cela ne suffira pas à le tuer, je le sais…

Je cherche désespérément une arme mais la pièce est vide. Dans une fureur sanguinaire, je lui saute à la gorge et le mort violemment, je serre de toutes mes forces. Il me frappe mais je ne sens pas la douleur, se débat mais je n’éprouve aucune compassion. Je ne le lâche pas, je ne le lâcherai plus, il mourra…

Un goût étrange envahit ma bouche. Il suffoque, se débat, il sait qu’il va mourir, cela ne fait plus aucun doute. Il se vide, son sang s’expulse de sa gorge pas jets réguliers, rythmés par les battements de son cœur. Il voudrait hurler mais les sons ne sortent plus. Ses muscles se tétanisent, il ne me frappe plus. Il est mort et pourtant je ne desserre pas la mâchoire, possédé par une colère que je ne connais pas, que je ne comprends pas...

Les gardiens ne rient plus, ne parlent plus. Un grincement attire mon attention mais je ne parviens plus à bouger. Je ne me reconnais pas dans ce corps meurtrier, que suis-je devenu ?

Un violent coup de pied me fait lâcher prise. Leur champion est mort et je vais sans doute le payer, qu’importe… Ma tête me fait mal, je deviens fou… Ce visage, ce visage angélique apparaît de nouveau… Je hurle.

« Aides-moi ! »

Les gardes me frappent, les coups pleuvent. Terrassé par la douleur, je sombre dans l’inconnu, ce doux visage devant les yeux…
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Ezekiel
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MessageSujet: Re: La colère d'Ezekiel   Jeu 8 Déc - 19:00

Sensation exquise, je flotte, porté par une vague de douceur. J’ouvre les yeux, lentement, je m’habitue à la lumière du soleil qui se lève. Je suis assis sur un rocher, au bord d'une rivière. Bercé par les cliquetis de l’eau, je rêve éveillé… Tout est calme, bonheur facile, plaisir simple de la nature qui s’éveille au matin.

Ce que je fais ici, je n’en ai pas la moindre idée, peu importe, je profite…

La chaleur du soleil réchauffe mon corps, je me laisse aller et m’allonge sur le rocher. Le contraste froid de la roche m’arrache un frisson. Une étrange quiétude m’envahit. Je me sens bien, presque insouciant…

Mes yeux se ferment, je veux faire le vide, ne plus penser, profiter, juste profiter… Je sens une présence mais ne bouge pas, j’ai confiance, étrange… Son visage apparaît, elle est là devant moi, elle me sourit, comme elle l’a fait la première fois… Je tends la main pour toucher sa joue mais elle semble trop loin… J’aimerais lui parler, lui dire pourquoi, mais les mots ne sortent pas…

Pourquoi, pourquoi me sourit-elle alors que tout le monde me maudit… Je me noie dans ses yeux, cherchant une réponse impossible… Son visage s’éloigne, sa chaleur me quitte, je plonge dans un tourbillon de tourment..

Un hurlement, un cri atroce vient d’envahir ma cellule. Assis sur mon lit, ruisselant de sueur. Perdu, je cherche à comprendre, j’écarquille les yeux, où est-elle…

Il fait encore nuit, le couloir est sombre mais des cris résonnent. Un garde approche de la grille et ouvre la porte.

« Debout chien… »

Je me lève sans un mot, l’esprit encore marqué de son doux visage. J’esquisse un sourire en repensant à elle. Ce n’est pas du goût de mes geôliers, je reçois un coup derrière les jambes qui me fait tomber à genoux. Heurtant le mur, je manque de m’assommer. On me fixe des colliers en fer autour du cou, des poignets et des chevilles puis on les relie entre eux au moyen d’une grosse chaîne. Une main se pose sur mon épaule et m’oblige à me relever.

Dans la pénombre du couloir, je discerne d’autres personnes, des gardes enchaînant d’autres prisonniers. Etrangement, le calme est de rigueur chez les prisonniers, pas un cri, pas une plainte. Seul le bruit des chaînes trouble le silence de la forteresse. La peur se lit sur le visage de certains, l’incompréhension sur d’autres. J’essaie de ne plus réfléchir, de ne plus penser… Un grognement lointain au bout du couloir semble donner le départ et le funèbre cortège se met en route, rythmé par les cris et les coups des gardiens… Nous descendons des escaliers et somme alignés les uns à coté des autres au milieu d’une grande place. Lorsque les torches s’allument, la vision qui s’offre à moi semble irréelle. Nous sommes encerclés par un nombre impressionnant d’hommes en armes. Le fond de la place reste plongé dans l’obscurité.

On nous laisse ainsi pendant de longues minutes, transis de froid par un vent glacial. Un homme apparaît alors dans la lumière des flammes. Je le reconnais, c’est lui qui m’a parlé le jour où je suis arrivé ici. Il nous dévisage, les uns après les autres avant de prendre la parole.

« Cette nuit, un chien enragé à tenté de s’échapper de la forteresse. Pauvre fou, on ne s’échappe pas d’Arcode… »

Arcode, voici donc l’endroit où l’on m’a enfermé. Ce nom, je ne l’oublierai pas, jamais…

Le fond de la place semble s’embraser. Des brasiers viennent d’être enflammés et nous offrent un spectacle d’une rare cruauté. Un homme est attaché par les mains à une poutre, nu. Son corps meurtri et son visage tuméfié attestent que la punition à déjà commencer bien avant notre arrivé.

Le chef des gardes s’approche de l’homme et l’attrape par les cheveux, l’obligeant à relever la tête. Je croise sont regard et la panique s’empare de moi… Il semble résigné mais il ne sait pas, il ne sait pas encore quel châtiment lui est réservé.

« Voyez ce qui arrive lorsque l’on me défit… »

Lentement, il sort le poignard de l’étui fixé à sa ceinture. La lame brille dans la nuit, instrument de mort… Il passe derrière le prisonnier tandis que des gardes viennent le maintenir, l’immobilisant à la merci de leur chef. L’homme tremble de terreur, le regard suppliant, il sait…

D’un geste brusque le chef tranche les tendons des jambes du prisonnier, genoux et chevilles, lui arrachant des hurlements de terreur. La torture achevée, les gardiens qui le maintiennent reculent tandis qu’un autre tire sur la corde, élevant le prisonnier au-dessus du sol, le laissant se vider de son sang. Le sang coule au sol en une flaque immonde, il les supplie de l’achever mais ses cris restent sans réponse. Un gardien s’approche de lui, muni d’un fer chauffé à blanc. Il brûle les plaies à vif, les cicatrisant dans une douleur insoutenable. Le prisonnier hurle une dernière fois avant de plonger dans l’inconscience.

J’ai mal, mal de voir la barbarie des hommes, mal de vivre dans ce monde qui me répugne… Je voudrais mourir sur-le-champ, ne plus voir ce spectacle sordide qu’on m’impose. Que mon esprit se vide des images qui le hantent… à jamais…
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Ezekiel
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MessageSujet: Re: La colère d'Ezekiel   Jeu 8 Déc - 19:00

Une violente douleur au ventre me fait sortir de mon coma. J’essaie de bouger mais mes muscles me font mal. Je relève péniblement la tête et cherche à comprendre ce qui m’arrive. Je suis nu, attaché sur une énorme croix de bois. Les liens me font mal, entaillent mes chaires. Un second coup au ventre me fait tressaillir, la douleur est immense, les larmes me montent aux yeux, réflexe du corps…

Les rires fusent dans la pièce, mes tortionnaires s’amusent de mon triste sort, se réjouissent de me voir souffrir. L’un deux s’approche de moi, le visage ruisselant de sueur. Son haleine me donne la nausée, je tente de détourner le visage mais il me bloque la tête des ses mains crasseuses.

- Regardez le comme elle est mignonne notre petite elfe… Tu pleurs déjà ? Et bien, qu’est-ce que cela va être quand nous allons commencer…

Je le regarde incrédule, que veut-il dire ? Que vont-il faire de moi ? Les larmes de douleur font place à des larmes de rage, de colère. Il me dégoûte, je le fixe, droit dans les yeux, et lui crache au visage.

Ses yeux rougissent, il entre dans une rage folle. Ses bras se lèvent au-dessus de mon visage et dans une fureur d’une violence inouïe, il abat ses poings joints sur mes côtes. Je voudrais me tordre de douleur mais les liens qui entravent mes membres m’en empêchent. Je hurle pour faire taire la douleur.

Mon bourreau s’amuse, je ne suis pour lui qu’un tas de viande sans importance. La seul chose qui lui importe est que je reste en vie le plus longtemps possible, que le jeu dure encore et encore…

Un deuxième homme s’approche de moi, jouant avec son couteau. Il regarde ses compères et leur fait un signe que je ne comprends pas. Les deux autres sortent tour à tour leur poignard et s’approche de moi, un rictus animal rivé sur les lèvres.

- J’ai appris que tu savais jouer du couteau jeune elfe, mais tu n’es qu’un débutant…

Il marque une courte pause, puis reprend.

- Nous allons te montrer ce qu’un poignard et capable d’infliger comme blessures.

Joignant le geste à la parole, il pose le tranchant de sa lame sur ma poitrine et fait glisser son arme lentement, accentuant la douleur, puis la redresse et enfonce l’extrémité dans mes chairs. La douleur est atroce et je manque de m’évanouir. Il me laisse le temps de reprendre mon souffle, le temps de réaliser le sort qu’ils me réservent. Les lames courent à nouveau sur mon torses, tranchantes, piquantes, ma peau n’est plus que lambeau, mon corps plus que souffrance. Je ne parviens même plus à crier ma douleur, mes forces me quittent. Le goût du sang a envahit ma bouche. Je vais mourir maintenant, je ne pourrai tenir ma promesse…

Le supplice s’arrête enfin mais la douleur ne disparaît pas, j’attends le coup final qui tarde à venir. Son visage apparaît soudain dans mes esprit endolori. Ses mots résonnent dans ma tête… - Tu dois vivre Ezekiel, tu dois vivre… - J’essaie de me calmer, je ne peux pas mourir, pas maintenant, elle a raison.

La froideur du métal me fait sursauter, je sens une lame sur ma cuisse…

- Sa mère a eu le sort qu’elle méritait, elle n’aurait jamais du se reproduire… Sale race…

Les mots me font mal, plus mal que les plaies qui pleurent des flots de sang sur mon corps, mais je n’ai plus la force de leur répondre.

- Nous ne ferons pas deux fois la même erreur, tu ne te reproduiras jamais tu entends, JAMAIS…

La lame est posée maintenant sur l’haine, prête à tailler l’objet de leur jeu. Tétanisé sur la croix, mon corps tremble, parcouru de violents spasmes. Je ne me contrôle plus, je voudrais mourir dignement mais la peur qui m’envahit me fait perdre tous mes moyens.

- ASSEZ !

Une voix féminine vient emplir la pièce d’un cri salvateur. Aussitôt, la lame disparaît de ma peau. Elle s’approche de moi, carnassière, telle un aigle ayant choisi sa proie. Sa main se pose sur ma cheville et remonte jusqu’à la cuisse, griffant la peau de ses ongles acérés. Elle se plante devant moi, me laissant l’observer. Ses longs cheveux roux tombent en cascades sur ses épaules et sa poitrine. Elle est quasiment nue, seul un pagne accroché à ses hanches cache sa féminité. Elle me sourit mais ne me rassure pas, elle m’a sauvé mais quel sort me réserve-t-elle ? Je la sens plus perverse que mes tortionnaires…

- Marquez-le et amenez-le dans mes quartiers, les jeunes reproducteurs commencent à se faire rare ici, celui là fera l’affaire…

On me détache et je m’effondre au sol ? Deux hommes m’attrapent sous les bras et m’obligent à me tenir debout. Face à moi, le dernier s’approche, un fer rouge à la main. Un animal, je suis un animal que l’on réserve à la reproduction. Il passe doucement le tison devant mes yeux.

- Regarde cette marque, désormais, elle fera partie de toi, à jamais…

Un cercle entoure un pentagrame au milieu duquel apparaît un A. Mais où suis-je ? Mon crime mérite-t-il pareil châtiment… Une brûlure intense se déclenche dans mon dos, à bout de force, je perds conscience et m’effondre au sol. Les derniers mots que j’entends sont ceux de la femme.

- Emmenez-le, maintenant et faites-le préparer…
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Ezekiel
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MessageSujet: Re: La colère d'Ezekiel   Jeu 8 Déc - 19:01

Je me réveille lentement, une lumière douce laisse mes yeux découvrirent le lieu qui m’accueille. Allongé sur un lit, je me redresse péniblement sur les coudes, les murs peints en blanc contrastent avec ceux crasseux de ma cellule. Une commode rouge sur laquelle trône un bouquet de fleur semble être l’unique meuble qui accompagne mon lit.

Mon torse me fait souffrir mais les blessures ne sont plus très douloureuses. Des bandages couvrent la peau. Où suis-je ??? Des picotements me chagrinent l’épaule. Je passe a main et sent que la peau est brûlée, marquée… Je reprends mes esprits, les gardiens, la femme, le fer rouge, les images se bousculent.

La porte s’ouvre, stoppant net ma réflexion. Une jeune femme apparaît, vêtue d’une longue tunique blanche. Elle me sourit en s’approchant. Sans un mot, elle pose sa main sur ma poitrine, me faisant signe de m’allonger. Je la connais sans la connaître, ses yeux, son sourire, ses longs cheveux noirs. Elle me laisse perdu dans mes songes et défait lentement les bandages, découvrant de larges cicatrices. Elle fouille dans la commode et en revient avec un bol. Elle me dévisage, semblant plonger dans mon esprit et étale lentement les onguents sur ma poitrine, s’attardant sur les plaies encore fraîches.

La lumière se fait soudain dans ma tête, cela fait huit année humaine qui je suis enfermé ici. Ce visage, je sais, elle a tellement changé…

Cette catin le payera de sa vie ! Je fulmine, traversant les couloirs de la sombre prison. Me transformant en ombre, j’égorge sans distinction tous les gardes qui se trouvent sur mon passage. Ils payent pour elle, pour ce qu’elle a fait à ma mère.

J’ai toujours ignoré comment ma mère m’avait conçu. Elle, si fière et si farouche, avait caché même à sa propre sœur, l’origine de sa grossesse. Maintenant, je sais, et la reine des reproductrices mourra pour cet acte profanateur.

Je pénètre dans l’aile réservée à la Dame, je fouille une à une les cellules à plaisir qu’elle aménage pour ses prisonniers. Elles sont pratiquement toutes vides. J’en profite pour subtiliser une robe blanche, uniforme pervers de ce lieu de luxure programmé.

Je me dirige vers la porte suivante, dont je fais sauter la serrure sans ménagement. Un jeune elfe est étendu sur le lit, recouvert de bandages rougis par le sang. Il se redresse à mon entrée. Je remarque sur son dos, la marque de la vipère, symbole de la catin. Mon sang bouillonne, mais mon visage est de glace. Je me dirige vers l’elfe et entreprends de soigner ses blessures.

Plus proche, je me rends compte que son visage m’est familier. J’ai l’étrange sensation de connaître cet homme, sans toutefois réussir à placer un nom sur son visage. Doucement, je le débarrasse des linges souillés. Les plaies sont vilaines. Je me dirige vers la commode qui fait face au lit et découvre un peu d’onguent.

Tout en le soignant, je détaille son visage, cherchant dans ma mémoire à qui appartienne ces traits familiers. Le garçon du bourg !



Je tends doucement la main vers sa joue, je dois la toucher pour me convaincre que je ne rêve pas. Elle me sourit, ma main effleure doucement sa peau, tout cela est bien réel, submergé par l'émotion, ma gorge se sert, les mots ne sortent pas. J'attends de la revoir de puis si longtemps, elle qui semblait m'avoir compris à l'époque, de ses yeux d'enfant, elle avait senti ma douleur, ma rage, ma peine...

Une larme glisse sur ma joue tandis que je ne parviens pas à décoller ma main de sa joue, je ne veux pas rompre le contact, pas maintenant, pas après si longtemps. Je voudrais lui expliquer ce que je vais là, lui demander ce qu'elle fait là, mais le seul mot que je parviens à bafouiller est

- Merci...


Le contact de sa main est étrange sur ma joue. Je sens tellement de peine et de souffrance dans son âme. Avec tendresse je lui souris, espérant lui apporter ce que ces hommes ont du lui prendre pendant ces années de réclusion.

-merci...

Le son de sa voix est insolite, je ne m'attendais pas à un son aussi doux venant d'un corps si meurtri. Je plonge mes yeux dans les siens, je remarque qu'une goutte de tristesse coule sur sa joue. Son émoi me trouble. Je ne comprends pas. Pourtant, je continue à sourire, le pansant avec soin et douceur.

- A ton service...

Les mots sortent de ma bouche sans que je m'en rende compte. Quelques minutes, j'oublie la catin et mes noires dessins, m'attardant sur cet être malmené.



Elle prend soin de moi comme personne ne l'avait jamais fait. Qui est-elle réellement ? Comment l'enfant que j'ai connu a bien pu se retrouver enfermer dans ce lieu sordide ? La douceur et la compassion que je ressens en elle contrastent avec ce que les gardiens éprouvent pour leurs jouets. Elle n'est pas comme eux, pas comme cette femme aux cheveux roux non plus...

Je laisse ses mains s'occuper de mes plaies, les plus apparentes tout du moins. J'oublie la douleur, j'oublie mon malheur, j'oublie ce lieu, perdu dans son regard...

- Qui es-tu ? Pourquoi es-tu ainsi avec moi ?

Les mots sortent enfin, ces réponses, je les attends depuis si longtemps. J'avais fini par croire que je devenais fou, que sa voix que j'entendais parfois n'était qu'un rêve, une illusion de mon âme torturée...


- Mon nom est Savage. J'étais là le jour où ils t'ont emmené. Je découvrais seulement le monde des hommes et j'ai vu comment ils traitent leur semblable. Ils cherchent des coupables pour se rassurer, ils ne cherchent pas qui est l'innocent et qui est la brute. Quand je t'ai vu, j'ai senti beaucoup de choses dans ton regard, mais pas cette méchanceté gratuite qui animent les humains. J'aurais aimé faire plus pour toi à l'époque, je me rattrape aujourd'hui, même si ce n'était pas le but de ma visite.

Tout en parlant, mes mains courent sur les plaies, les pansant machinalement. Au fil de mes paroles, une étincelle s'allume dans ses yeux.


Je ne me suis pas trompé, c'est donc bien elle, Savage... Je peux enfin mettre un nom sur ce visage, après ces si longues années... Elle ne me juge pas, elle ne sait rien de moi mais d'un regard a compris, compris ma haine des hommes et de leur barbarie. Je me sens vivant, grâce à elle, elle me redonne espoir...

Je la laisse terminer ses soins, puis prends doucement ses mains gantées. Elle n'est pas venue pour moi mais peu importe, elle est là, je ne suis plus seul...

- Pourquoi es-tu ici, que viens-tu faire dans ce cauchemar ? De quel crime ces chiens t'accusent-ils ?



- Crime? Ils ne peuvent pas encore m'accuser de quoi que ce soit, mais d'ici peu ils auront un motif pour m'enfermer. Je suis ici pour la marâtre, la reine des reproductrices. Elle me doit une vie et je veux qu'elle rembourse sa dette de la sienne.

Je n'ose en dire trop. Mes poings se serrent sur ma garde. J'aimerai que cette femme soit là, connaître la vérité sur ma mère, sur moi et lui faire mordre la poussière, qu'elle supplie comme elle fait supplier ses victimes.

- Ce cauchemar je le vis délibérément sans espoir de rédemption. J'ai déjà beaucoup perdu et je sais que rien ne remplacera cette perte. MAintenant que je t'ai trouvé, le problème est différent. Il faut que je te fasse sortir d'ici, après je trouverai cette vipère et je règlerai mes comptes avec elle


La mort dans ses yeux, la rage, celle que j'ai connu il y a longtemps, la même colère en elle, j'ai l'impression de repartir des années en arrière...

- Me fais sortir ? Pas maintenant, tu es là et c'est à deux que nous sortirons d'ici. Je ne t'abandonnerai pas face à cette meute de brutes assoiffées de sang, j'ai trop perdu pour te perdre toi, c'est assez...

A peine ai-je le temps de terminer ma phrase que la porte claque contre le mur. Elle est là, le regard superbe de méchanceté, elle nous toise, l'un après l'autre, amusée de la situation. Elle s'approche de Savage en riant, sordide... Ignorant la douleur, je me lève et tente de m'interposer. Savage est venue pour elle...

Elle ne sera pas de taille, je le sais, je le sens... Je ne peux me résoudre à laisser cette... créature s'amuser avec elle comme elle s'amuse avec les autres. Je fonce sur elle en hurlant. D'un simple geste de la main, sans même me toucher, elle m'envois voler contre le mur, ma tête va éclater. J'essaie de reprendre mes esprits mais la douleur est trop forte et mes forces trop faibles...

Elle est là, à quelques mètres. Je sens toute la puissance de cette créature. Je retire mes gants et dégaine mes chiennes de garde. Elle sourit. Soudain, l'elfe saute sur elle en hurlant. Elle l'écarte comme elle l'aurait fait d'une plume. Mes yeux se durcissent.

- Laisse le tranquille! On a un compte à régler toutes les deux!

Un sourcil se lève doucement. Elle fait une moue presque ennuyée, se jouant de moi.

-Tu ne te rappelles donc pas de ceux que tu crées. Ne reconnais tu pas le fruit des tes macabres travaux

Sans attendre de réponse, je me jette sur elle. D'un geste las de la main, elle m'arrache mon épée. Au moment où elle s'apprête à faire de même avec mon poignard, je pose ma main sur sa gorge. Un sourire mauvais se dessine sur mon visage.

La malédiction de mes mains se manifeste, je vois la peau de son cou qui bleuit. Pourtant son visage reste impassible. Peu à peu le sourire disparaît pour laisser la place à un regard noir comme l'enfer. A son tour, elle pose sa main sur ma gorge et sert entre ses doigts mon cou tendu par l'effort.

Ma main relâche son étreinte, je lutte pour que l'air passe dans mes poumons, un voile obscur se pose sur mes yeux. Elle éclate de rire et me projette contre le mur, à quelques centimètres de l'elfe.



J'aurais voulu la rattraper, qu'elle ne se cogne pas contre le mur... Le bruit sourd de son corps qui s'effondre à cogner du mien me glace le sang. Je me redresse, oubliant ma souffrance, et me penche sur elle. Son cou porte les marques de la violence de l'agression. D'un regard dans le sien, je comprends qu'elle s'en relèvera. Je ne bouge pas, laissant la femme s'approcher de nous dans une nonchalance sadique. Elle rit de notre souffrance, s'amuse de notre faiblesse. Lorsque je sens mon souffle sur ma nuque, je me jette en arrière, la faisant basculer au sol et me jette sur elle. J'essaie de la maintenir comme je le peux, pesant de tout mon poids. Je sais que je ne tiendrai pas longtemps...

- Son cœur Savage, PRENDS SON COEUR, TUES-LA...

Saisissant mon épée qui gît sur le sol, je cours face à l'elfe. Posant un pied sur la joue de la vipère, je maintiens son visage plaquer au sol et, de toute ma force, plonge ma lame entre les côtes de la reine. Un cri terrifiant sort de sa poitrine. Raffermissant ma prise sur la garde, je tourne brusquement ma lame, cassant les os et élargissant la plaie.

Je jette un coup d'œil incertain à l'elfe. Il semble se battre pour rester en place sur le corps parcouru de spasme. Je retire l'épée, arrachant un nouveau cri à la créature sanglante qui gît à mes pieds. L'elfe hoche la tête. Je plonge alors ma main dans la plaie béante, tâtonnant dans les chairs et le sang. Je sens sous mes doigts le muscle palpitant. Je le saisis à pleine main et l'arrache violemment.

- POur toi mère...

Je le jette contre le mur, comme le débris qu'il est, retirant mon pied de faciès hait. Je me penche en avant et pose une main sur l'épaule de l'elfe.

-C'est fini.


Un hurlement sordide emplit la pièce l'espace d'un instant. La reine d'Arcode n'est plus... Je me relève et d'instinct serre Savage dans mes bras, tentant d'apaiser sa colère. Dos à la porte, je ne vois pas les gardes entrez, arme à la main. Elle ne me laisse pas le temps d'esquisser le moindre geste et m'oblige à tourner, m'offrant son dos comme protection.

Le temps que je comprenne, il est trop tard, je sens ses mains se serrer sur mes bras, ses yeux partent dans le vide. Je sens un liquide couler contre mon ventre, je baisse les yeux et vois son sang qui s'écoule de ses entrailles.

- NONNNN, SAVAAAAAAAAAGE !!!


Je la pose au sol et arrache le poignard qui la tue. Dans une rage démentielle, je me jette sur le premier garde et lui tranche la gorge. J'évite l'épée du second et viens planter le poignard dans son cœur, enfonçant l'arme de toutes mes forces. Il s'effondre au sol dans un râle de mort.

Je me retourne et me jette à ses pieds, les yeux embrumer de larmes. Sa bouche s'entrouvre, elle essaie de parler mais rien... Son corps s'agite, pris de violents spasmes. Un filet de sang naît à la commissure de ses lèvres et s'écoule sur sa joue. Je l'essuie de la main, comme pour essuyer cette mort trop présente.

Je la serre contre moi et lui murmure doucement...

- Je suis Ezekiel, puis-je un jour te retrouver, toi que j'attendais depuis si longtemps....

Le corps de Savage se tend dans un dernier spasme, elle pousse un ultime soupir en me fixant dans les yeux, elle n'est plus...

Des bruits de pas résonnent dans le couloir, je sais que je vais la retrouver, bientôt sans doute. Je pose ma main sur ses yeux et referme à jamais ses paupières...

Ils se jettent sur moi, me frappent, des coups de pieds, de poings, on m'attrape par les bras et m'entraîne à l'extérieur. Je jette un dernier regard à Savage, je garderai à jamais son visage, dans mon cœur. On me maintient au sol. Le capitaine est planté devant moi, son épée à la main. J'attends la sentence, ultime délivrance, je mourrai sans avoir venger ma mère, j'y suis résigné...

- Qu'on l'enferme dans sa cellule ! Demain il regrettera de ne pas être déjà mort...

Il me lance un violent coup de pied au visage qui me plonge dans les songes, inconscient. Je sombre dans le néant, le sourire de Savage comme seul compagnon...
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